Pierre: Un Garçon pas comme les autres!

Pierre Garçon est la révélation de ces playoffs NFL. Sa performance lors de l'AFC Championship game (11 catchs, 151 yards, 1 touché) a définitivement montré l'étendue de son talent. Le jeune rookie a réussi dès sa première campagne à succéder dans les cahiers de jeu des Colts et le coeur de leurs fans au légendaire Marvin Harrison. Un exploit impensable et pourtant c'est loin d'être le premier pour Garçon qui il y a 6 ans n'avait même pas un recruteur NCAA pour lui donner une chance.

Dimanche à Miami ce sera un peu le retour du fils prodigue pour Pierre. Originaire de Palm Beach -pas très loin du "Muck Country" dont on vous parlait il y a quelques temps- juste au nord de la ville, fils d'une immigrante haïtienne qui l'a élevé seule avec sa grande soeur, il n'avait pas spécialement attiré les recruteurs des meilleures universités NCAA lors de son passage au lycée. Surtout qu'il avait en plus des notes pitoyables le rendant difficilement éligible pour jouer en université. La seule proposition qu'il obtient alors vient de l'école militaire de Norwich dans le Vermont. Cette petite fac perdue dans les montagnes au bord de la rivière Connecticut ne pouvait offrir un plus radical dépaysement à ce jeune floridien. De quoi lui remettre les pieds sur terre, de rattraper son retard en classe et de se faire repérer par une autre université de D3, mais un peu plus prestigieuse celle la: Mt Union. La fac de l'Ohio domine depuis une bonne dizaine d'années la division. Garçon y emporte deux titres de champion et arrive finalement à se faire repérer par quelques scouts de la NFL.

Ce n'est pourtant qu'au 6 ème tour de la draft 2008 que les Colts se laissent tenter par Garçon. Bien leur en a pris. Après une saison 2008 passée à apprendre le système, il a explosé cette année. La nouvelle cible favorite de Payton Manning sera un des joueurs clés du Superbowl. Surgi de nulle part, nouveau chouchou des médias du fait de ses origines haïtiennes et de son parcours hors normes, il aura nombre de projecteurs braqués sur lui dimanche. Enfin, devrait on dire!

La "All World" battue mais pas abattue.

La sélection junior américaine s'est imposée sur le score de 17 0 samedi face à la sélection mondiale à Fort Lauderdale. Notre représentant le Météore Thomas Ruiz n'a pas eu beaucoup l'occasion de s'illustrer lors de ce match. Pas de porté de ballon pour lui (Hellemark le suédois et l'important contingent de Canadiens aux postes de coureur et receveurs avaient la préférence des coachs), et une seule balle lancée vers lui (la seule passe tentée par le QB remplaçant Bridge) malheureusement incomplète. Le match fut tout de même plutôt serré, les "World" rivalisant avec les Américains au sol. C'est du côté du jeu de passe (seulement 32 yards gagnés pour la sélection mondiale) que la différence s'est faite.

Thomas a en tout cas beaucoup appris de ce voyage en Floride, ne serait ce que lors des 4 jours d'entraînement intensif précédant le match. Il a eu également l'occasion de voir de près plusieurs de ses "idoles" de la NFL, plusieurs "All Pro" se préparant pour le Pro Bowl qui avait lieu le lendemain s'étant déplacés pour voir les jeunes pousses lors de ce match et leurs entraînements d'avant match.

France: L'équipe de la semaine

Décalé d'un week end le dernier match de la première journée Elite avait lieu samedi soir à Elancourt. Une belle affiche et la revanche d'une demie finale de l'an passé entre Black Panthers et Templiers. Dans un match à rebondissements les Hauts savoyards s'étaient imposés au printemps dernier sur le score de 41 à 39. Fortement remaniées les deux équipes ne font pas forcément figures de favoris dans un championnat où tous s'attendent à une finale Flash-Spartiates. Mais il ne faudrait pourtant pas enterrer ces deux belles formations qui ont toujours répondu présent ces dernières années.

Les Blacks entamaient ce match tambour battant et leur nouveau quaterback, Jimmie Russell franchement arrivé du championnat finlandais, semble être déjà au point avec deux passes de TDS en première mi temps. Menés 13-0 a mi match, les Templiers réagissent avec un jeu de course efficace mené par Julien Tanvet Abadia (102 yards et un TD pour ce premier match) . Avec seulement 9 passes tentées (pour 23 courses), les Franciliens ont imposé leur volonté dans les "tranchées" et en défense pour arracher finalement le gain du match sur le score de 16 à 13. Un match très défensif à mille lieues du match de juin dernier. Et une victoire clé pour les Templiers qui s'affirment dès cette première journée comme un candidat sérieux aux demies finales.

Sammy Baugh, QB, corner et punter.

Oubliés depuis un demi siècle, les Frogs de Texas Christian University on refait parler d'eux cette année. Cela a aussi fait se replonger de nombreux journalistes dans les archives de leur "belle époque" celle de leur plus illustre joueur: Sammy Baugh.

Vainqueur du Sugar Bowl 1936 et du Cotton Bowl 1937, Baugh était un athlète extraordinaire, excellent joueur de baseball, il portait 3 casquettes avec le maillot de TCU: Quarterback, corner et punter. Après sa brillante carrière à TCU il joua 15 ans sous le maillot des Redskins de Washington. Il devient alors l'un des premiers grands quaterbacks de l'ère moderne dominant la NFL à ce poste durant toutes les années 40. Dans une ligue dominée encore par le jeu de course il accumule les records et participe à la révolution du jeu de la ligue pro. C'est avant tout pour ses performances de QB qu'il est élu au Hall of Fame en 1963.

Il ne faudrait pourtant pas oublier qu'il continua à briller dans d'autres aspects du jeu. Cornerback et punter, il est en 1943 le meilleur passeur de la ligue, le meilleur punter et le meilleur intercepteur, un exploit qu'on ne reverra sans doute plus jamais! Cette même saison contre Detroit il lance 4 passes de touchdown et intercepte 4 fois le QB adverse!

Sammy Baugh détient encore un record: Une moyenne de 51.4 yards par punt sur une saison (1940) et c'est peut être à ce poste qu'il reste un joueur à part dans l'histoire de la NFL. Le football des années 40 était beaucoup plus proche de notre rugby que le football moderne peut l'être. Le QB était aussi un ouvreur et le jeu au pied un élément très important. On y tapait encore des drops (oui oui les drops sont autorisés en football américain, et Doug Flutie en hommage à cette époque en marqua un lors de son dernier match NFL pour transformer un TD, le premier drop tenté depuis des décennies en NFL), même si depuis que le ballon avait été allongé en 1934 ils étaient devenus rares. La spécialité de Baugh était les punts placés, à la manière des meilleurs ouvreurs de rugby à 15. Il puntait d'ailleurs très souvent dès le 3ème down. Sur un 3ème et long, si il voyait les safeties adverses s'avancer pour mettre de la pression et ses receveurs bien couverts, il n'hésitait pas à taper au pied derrière les défenseurs pour faire rouler le ballon le plus loin possible et "clouer" l'adversaire tout prêt de sa end zone. Une tactique qu'il travaillait à l'entraînement en visant des draps qu'il posait dans les coins du terrain.

Sammy Baugh s'est éteint à 94 ans l'an passé. Un an avant que sa vieille université ne revienne à la mode. A l'heure où le jeu NFL manque parfois d'audace, peut être faudrait il aussi remettre à la mode certaines de ses vieilles méthodes.

Tebow: Au coeur de la polémique.

Ces derniers jours Tim Tebow ne fait pas parler de lui que par ses performances sur le terrain ou sur les spéculations sur l'équipe NFL qui le draftera en avril.
En effet le voilà au centre d'une polémique qui prend aux Etats Unis des proportions dépassant largement le cadre du sport. L'origine de cette polémique? Une publicité que presque personne n'a vu mais qui fait couler des hectolitres d'encre.

On le sait le (désormais ancien) quaterback des Gators de Florida est très croyant. Ses parents sont des missionnaires qui ont un orphelinat et une mission évangélique aux Philippines. C'est d'ailleurs là que Tim est né et où il a passé ses trois derniers étés travaillant pour ses parents. Comme cela est permis aux Etats Unis c'est à la maison qu'il a été instruit, loin des écoles et lycées publics (il a d'ailleurs bénéficié d'une dérogation pour pouvoir jouer au football dans l'équipe d'un lycée où il n'était pas inscrit!). Une éducation basée sur la Bible et les valeurs chrétiennes. Tim Tebow qui a été vite surnommé "The Chosen One" (l"Elu") à Florida affichait à chaque match le code d'un verset de la Bible sur son visage. (photo) Il s'est fait aussi le porte parole de tout ces jeunes américains qui prônent la chasteté jusqu'au mariage.


Jusque là cette foi affichée ne provoquait pas plus que de l'admiration et du respect pour ceux qui la partagent avec lui et au pire un peu d'agacement mêlé d'un soupçon de cynisme pour les plus sceptiques. Mais l'annonce de la présence de Tim et de sa mère dans une publicité devant être diffusée lors du prochain Superbowl a tout changé.

Alors quelle attendait la naissance de Tim aux Philippines, Maman Tebow tomba malade. Les médecins lui conseillèrent d'avorter. Guidée par ses convictions religieuses elle refusa et finalement elle et son fils s'en tirèrent sans dommages. C'est cette histoire que l' association chrétienne "Focus on the Family" veut raconter dans cette publicité, avec pour objectif la lutte contre l'avortement, un sujet hautement polémique aux Etats Unis. Les détails du contenu du message de 30 secondes (qui coûtera à "Focus on the Family" 3 millions de dollars pour être passé) sont encore secrets, mais cela n'a pas empêché la polémique de gonfler ces derniers jours. Editorialistes autant sportifs que politiques, de la presse écrite, des radios ou de la télévision en ont fait un des grands sujets de conversation de l'Amérique de cette fin janvier. Les insultes fusent de tout bords, les forums internet débordent de messages, de commentaires. Une seule chose est certaine: L'image de Tim Tebow ne sortira pas indemne de cette affaire et le voilà définitivement classé comme parfait héros par la droite conservatrice et comme détestable bigot par la gauche libérale.

NFL News... avec ou sans intérêt!

Tout est calme en NFL? 10 jours sans rien à patienter avant le feu d'artifice final? Que nenni! La NFL est une machine à "news" 365 jours /365!
Hier ainsi on a appris que:

* Brett Favre a annoncé qu'il y avait de fortes chances qu'il ne rejoue pas en NFL... La même annonce que celles qu'il a fait à la fin des 4 dernières saisons (avec ou sans larmes comme lors de son annonce de l'an passé ici en photo). Une vraie tradition du mois de janvier. En termes journalistiques on appelle ça un "marronnier"!

* Le premier entraînement de Tebow après sa carrière à Florida a été calamiteux (il se prépare pour le Senior Bowl). Snaps relâchés, receveurs démarqués manqués, mauvaises lectures des défenses... Dans le monde très nerveux et réactif des scouts NFL il a du plonger d'une bonne dizaine de rangs dans les "mock drafts". Il aura évidemment largement le temps de se rattraper mais en une petite heure "son action en bourse" a fait un plongeon.

* Le Président Obama a dit qu'il serait un supporter des Saints pour le Superbowl. Oui je sais... on s'en fout.

* Obama fait comme il veut du moment qu'il ne nomme pas Rex Ryan aux affaires étrangères. Surtout quand on lit sa dernière déclaration après la défaite de son équipe contre les Colts : "Il n'y a pas de raison de ne pas être fier d'être un Jet. Et je le dis à mes joueurs, si ils rencontrent des gens qui leur disent le contraire ils n'ont qu'à leur en mettre un dans la gueule". Charmant.

Superbowl: Miami, Louisiana

Et bien voilà , nous y sommes, Saints et Colts sont les heureux élus pour participer à ce 44 ème Superbowl.

Une chose est sure on fera la fête dans 15 jours dans le vieux quartier chic du Garden District, à quelques centaines de mètres du Superbowl. C'est là que depuis ses glorieuses années sous le maillot des Saints, vit Archie Manning, c'est là qu'ont grandit ses fils Payton et Eli (en photo devant leur maison avec leur mère et leur frère ainé). Dans une Amérique où plus personne ou presque ne vit dans les centre villes, où une grande partie de la population dort (à défaut d'y travailler et d'y vivre vraiment) dans des banlieues sans âme, souvent loin de sa région d'origine, le lien qui unit la ville de la Nouvelle Orléans avec la famille Manning est presque un anachronisme. Les Mannings, Père, Mère et Fils font autant partie de la ville que les balcons en fer forgé du quartier français, les vieux tramways et les croissants du café du Monde. Tout le monde les connaît, tout le monde les rencontre régulièrement dans les rues de la ville, tout le monde fait un peu partie de la famille. Pour avoir personnellement eu la chance de voir les Colts au Superdome lors de la présaison 2002, et l'ambiance magnifique qui régnait ce jour là dans ce stade qui n'avait pas encore connu les malheurs de Katrina, je sais à quel point il sera difficile pour de nombreux louisianais de choisir leur camp dans 2 semaines. Quoi qu'il arrive donc, ce sera déjà avec 10 jours d'avance Mardi Gras dans la Big Easy dimanche 7. Dommage simplement que le match ait lieu à Miami.

Pour en arriver à cette affiche, il aura fallu que Brett Favre (presque un voisin d'ailleurs, lui qui est issu d'un petit coin du Mississippi à deux heures de N.O.) lance une calamiteuse dernière passe, peut être la dernière de sa carrière. Son équipe avait pourtant dominé les Saints pendant presque toute la partie, muselant l'attaque des Louisianais (pas la moindre passe réussie de plus de 20 yards, un Reggie Bush transparent), accumulant les yards (plus de 200 de plus que les Saints) mais ne réussissant pas à capitaliser leurs ballons (5 pertes de balle). Des regrets les Vikings et leurs fans n'en manqueront pas... de quoi motiver Favre pour revenir l'an prochain?

Côté Indianapolis, moins de suspens, malgré une bonne entame, les Jets n'ont pas pu tenir le rythme. La défense des Colts, qui a défaut d'être impressionnante physiquement est d'une rapidité et intelligence tactique rare, a rendu complètement inefficace le jeu au sol, pourtant le meilleur du pays, des New Yorkais. C'est plus qu'il en fallait pour Peyton, encore impérial, toujours impeccable et ses receveurs (Reggie Wayne, un autre natif de la Nouvelle Orléans et l'incroyable Pierre Garçon -qui n'est pas Cajun comme son nom pourrait le laisser croire mais haïtien!-).

Ces deux finales de Conférence désignent logiquement (et de 4 points chez les books de Vegas) les Colts comme favoris, une belle machine sans défaut conduite par le meilleur "pilote" de la ligue. Mais les Saints, à l'image de leur ville, plus fantasques, plus imprévisibles peuvent surprendre. Greer et Vilma leaders d'une défense qui est souvent perméable mais s'est fait une spécialité des gros jeux et des prises de balle, Brees et Bush les talentueuses stars d'une attaque explosive qui a accumulé les records ces dernières années n'ont pas dit leur dernier mot.

Dans un Miami qui sera pour un week end un peu au bord du Mississippi, la fête devrait être belle. Même si Zach Richard et un des ces vieux jazz bands du French Quarter auraient sans doute été plus de mise que les dinosaures de "The Who" pour le show de la mi temps.

France: Le club de la semaine

La saison 2010 repart sur le même rythme que la saison 2009 pour le Flash de la Courneuve.

Plus que jamais favoris pour un 6ème titre national de suite, ils n'ont pas fait dans la dentelle pour l'ouverture de la saison Elite. Lors du classique "Ballard Bowl" à Aix en Provence ils ont en effet sévèrement battu les Argonautes sur le score de 37 à 8. Le duo QB/WR, auteur de deux TDS à Aix , D.B. Barnes, M. A Soumah devrait faire souffrir plus d'une défense cette saison. Barnes lança même un troisième touché pour améliorer encore ses stats.

Le bon week end ne se résume d'ailleurs pas à l'équipe Elite pour le Flash. Les juniors se sont en effet imposés sur leurs voisins Molosses sur le score de 7 à 0. De quoi relancer leur saison dans leur poule très relevée où les Spartiates restent favoris. Les juniors sont à ce jour les seuls membres du club à avoir perdu un match cette saison, les Cadets dominent en effet leur poule avec 4 victoires et les "B" la leur, en Casque d'Argent, avec 3 victoires au compteur.

Avec donc une fiche globale du club à 10-1, la saison 2010 part donc sous les meilleurs auspices pour La Courneuve.